Visit Abomey
history2026-03-3110 min read

Pris en 1892. Restitués — Partiellement — en 2021.

En 1892, les forces françaises emportèrent les objets les plus extraordinaires d'Abomey. Pendant 129 ans, statues royales, trônes et objets sacrés du Dahomey furent exposés à Paris. En 2021, 26 pièces furent restituées. Le débat continue.

Les Trésors Pillés du Dahomey

« On peut voler un objet. On ne peut pas voler ce qu'il signifie. »

Le 17 novembre 1892, le Général Alfred-Amédée Dodds entra dans la ville en flammes d'Abomey à la tête d'une force coloniale française. Le Roi Béhanzin avait ordonné d'incendier son palais plutôt que de le rendre intact. Ce que le feu ne consuma pas, les soldats le prirent.

Parmi les objets retirés d'Abomey dans les semaines qui suivirent : des trônes royaux, des épées cérémonielles, des statues en bois sculpté des dieux, des objets processionnels, des regalia de guerrières, et — surtout — les statues royales du Roi Ghezo et du Roi Glele : deux figures anthropomorphiques massives, à peu près grandeur nature, qui se tenaient à l'entrée du palais comme incarnations de la puissance royale et de la présence Vodoun.

Elles furent emportées en France. Exposées à Paris. Finalement déposées au Musée du Quai Branly — Jacques Chirac, où la plupart restèrent les 129 années suivantes.

Ce Qui Fut Pris

La collection d'objets du Dahomey dispersée dans les institutions françaises comprend :

  • Les statues royales de Ghezo et Glele — les pièces les plus iconiques, des figures en bois massif représentant les deux rois sous forme animale
  • Le trône de Béhanzin — richement sculpté, instrument direct du pouvoir royal
  • Les récades (sceptres royaux) — sceptres cérémoniels portés par les rois et messagers royaux, chacun un objet sculptural d'une qualité extraordinaire
  • Des panneaux de bas-reliefs — retirés des murs des palais
  • Des figures processionnelles — utilisées lors des cérémonies annuelles des Coutumes (Huetanu)
  • Des armes et objets de guerrières — regalia Mino, lames, armes à feu

Le Quai Branly à lui seul possède plus de 5 000 objets du Bénin. Tous ne viennent pas d'Abomey, tous ne proviennent pas du pillage de 1892. Mais les pièces royales sont sans ambiguïté : elles furent prises de force à un État souverain qui était en train d'être détruit par la force qui les prit.

Le Débat : 130 Ans d'Absence

La conversation changea en 2017, quand le Président français Emmanuel Macron, s'exprimant à Ouagadougou, déclara que le patrimoine culturel africain devrait retourner en Afrique dans les cinq ans. En 2018, le Rapport Sarr-Savoy — commandé par Macron et rédigé par l'économiste sénégalais Felwine Sarr et l'historienne de l'art française Bénédicte Savoy — conclut que la France devrait restituer tous les objets acquis par conquête coloniale qui seraient réclamés par leurs pays d'origine.

La Restitution de 2021

Le 9 novembre 2021 — 129 ans après le sac d'Abomey — 26 objets furent restitués au Bénin lors d'une cérémonie au Palais Présidentiel de Cotonou. Parmi eux :

  • Les statues royales de Ghezo et Glele
  • Le trône de Béhanzin
  • Plusieurs récades

La cérémonie fut véritablement historique — la première restitution significative d'objets culturels africains par un grand musée européen. Les objets résident maintenant au Musée Historique d'Abomey, dans le palais où ils furent initialement créés.

Se tenir face aux statues royales de Ghezo et Glele à Abomey aujourd'hui, c'est voir des objets qui furent absents de cet endroit pendant 129 ans. Cette connaissance spécifique change ce qu'ils font ressentir.

Ce Qui Reste à Paris

Les 26 objets restitués ne représentent qu'une fraction de ce qui fut pris. Le Quai Branly en possède des milliers d'autres. Le débat sur la restitution n'est pas terminé — il est entré dans une nouvelle phase.

Le gouvernement béninois a demandé des restitutions supplémentaires. Le débat plus large touche chaque grand musée européen : le British Museum possède les Bronzes du Bénin du Nigeria, les marbres d'Elgin de Grèce. Le principe établi à Abomey — que les objets pris par la conquête peuvent et doivent être restitués — est quelque chose que les institutions observent attentivement.

Pourquoi Cela Compte Au-Delà des Musées

Le débat sur la restitution ne porte pas principalement sur des objets. Il porte sur la souveraineté, la mémoire et l'asymétrie persistante entre les anciennes puissances coloniales et les nations anciennement colonisées.

Les statues royales de Ghezo et Glele n'étaient pas des pièces décoratives. Elles étaient des objets sacrés — des véhicules de pouvoir royal et divin, centraux à la pratique Vodoun qui structurait le royaume. Leur enlèvement ne fut pas seulement un vol de propriété, mais une tentative de couper une civilisation de ses instruments spirituels.

Leur retour n'a pas tout réparé. Mais il a reconnu quelque chose.

Voir les Objets Restitués

Les statues et pièces royales restituées sont maintenant exposées au Musée Historique d'Abomey. → Planifier votre visite au Musée

Pour comprendre le corridor historique complet d'Abomey à Ouidah — où l'autre moitié de cette histoire se raconte. → Abomey · Ouidah Origins


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